Round 1 — L'appendicite qui n'en était pas une
Une douleur en bas à droite, et j'étais sûr de mon coup : appendicite. Les médecins étaient moins convaincus que moi — et ils ont bien fait de douter.
Tout le monde a une histoire de diagnostic. Voici le premier round de la mienne.
Ça commence par une douleur en bas du ventre, à droite. Une recherche Internet plus tard, j’avais mon diagnostic : l’appendicite. Franchement, tout collait. J’étais déjà mentalement en train de me faire opérer.
Sauf que les médecins, eux, n’étaient pas convaincus. Une appendicite, ça se déclare en un ou deux jours ; moi, ça traînait depuis des semaines. Quelque chose clochait dans mon histoire.
Alors les examens se sont enchaînés : prise de sang, puis échographie. Et au bout du compte, pas d’opération, mais une phrase que je n’avais pas vue venir : « on va vous envoyer chez un gastro-entérologue. »
Le grand classique que je ne connaissais pas encore
Ce que je ne savais pas à l’époque — et que j’ai appris depuis en écrivant le guide — c’est que mon histoire est un cliché de la gastro-entérologie. La maladie de Crohn s’installe très souvent dans l’iléon, la toute fin de l’intestin grêle… qui se trouve exactement au même endroit que l’appendice, en bas à droite. Une inflammation de l’iléon imite une appendicite à s’y méprendre : même zone, même douleur.

Le coupable et le voisin innocent : l’iléon terminal enflammé, à quelques centimètres de l’appendice. De l’extérieur, la même douleur en bas à droite — illustration générée pour crohn-ique.fr.
C’est là que les examens ont servi. La prise de sang montrait une inflammation installée, pas une infection aiguë. Et à l’échographie, mon appendice allait très bien : c’était la paroi de l’intestin, juste à côté, qui était épaissie.
Il paraît que pas mal de malades de Crohn découvrent leur maladie sur la table d’opération : on les opère pour une appendicite, et le chirurgien trouve autre chose une fois le ventre ouvert. Moi j’y ai échappé, parce que quelqu’un a pris le temps de douter avant d’opérer.
Ce que ce round m’a appris
- Un médecin qui doute est un bon médecin. Sur le moment, on aimerait un diagnostic immédiat. Avec le recul, c’est leur scepticisme qui m’a évité une chirurgie pour rien.
- La douleur en bas à droite n’est pas toujours l’appendice. Voisinage oblige.
- « On vous envoie chez le gastro » n’est pas une punition. C’est là que j’ai enfin commencé à avoir des réponses.
La suite au prochain round : la rencontre avec le gastro, et la découverte d’un monde merveilleux fait de calprotectine et de préparations coliques.
Cette chronique raconte mon parcours. Si vous avez une douleur abdominale aiguë en ce moment : ce n’est pas un blog qu’il vous faut, c’est un médecin.