Crohn·ique

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Fiche 05 examens & traitements 3 min de lecture

Le diagnostic et les examens, mode d'emploi

Prise de sang, calprotectine, coloscopie, IRM… Le parcours du combattant expliqué, pour savoir à quoi s'attendre (et pourquoi on vous les prescrit).

Il n’existe pas UN test de la maladie de Crohn : le diagnostic s’appuie sur plusieurs examens qui se complètent. Voici lesquels, et ce que chacun apporte.

La prise de sang

Le point de départ. On y cherche :

  • des signes d’inflammation : la CRP (protéine C-réactive) surtout ;
  • une anémie (manque de globules rouges — fréquente, elle explique une partie de la fatigue) ;
  • des carences : fer, vitamine B12, vitamine D, albumine…

Une prise de sang normale n’exclut pas tout : d’où les examens suivants.

La calprotectine fécale

L’examen le moins glamour du lot, et pourtant l’un des plus utiles : on analyse un échantillon de selles pour y doser la calprotectine, une protéine libérée quand l’intestin est enflammé. C’est un excellent détecteur de fumée intestinal :

  • élevée → il se passe quelque chose, on va voir de plus près ;
  • normale → l’inflammation est peu probable (et on évite parfois une coloscopie).

Un détecteur de fumée au-dessus d'un intestin dont une zone enflammée dégage un filet de fumée, avec un pot de prélèvement

Un simple pot de prélèvement, et on sait si quelque chose chauffe dans l’intestin. Un indicateur, pas un diagnostic à lui seul — illustration générée pour crohn-ique.fr.

Une fois le diagnostic posé, elle sert aussi au suivi : c’est le moyen non invasif de vérifier que le traitement fait son travail.

La coloscopie, l’examen de référence

C’est elle qui pose le diagnostic. Une caméra explore le côlon et la fin de l’intestin grêle, sous anesthésie (en France, on dort — profitez-en, c’est une des rares grasses matinées remboursées). Le gastro-entérologue observe les lésions et prélève des biopsies, analysées au microscope.

Déroulé d'une coloscopie : le patient allongé sur le côté, l'écran de contrôle, et le trajet de l'endoscope souple qui remonte le côlon du rectum au côlon transverse

L’endoscope remonte le côlon pendant que vous dormez ; l’équipe suit la progression sur l’écran — illustration générée pour crohn-ique.fr.

Le plus dur n’est pas l’examen, c’est la préparation de la veille : la fameuse purge. Conseils de vétéran : buvez le liquide bien frais, à la paille, prévoyez de quoi vous occuper, et rappelez-vous que ça ne dure qu’une soirée.

L’IRM (entéro-IRM)

La coloscopie ne voit pas tout l’intestin grêle : l’entéro-IRM prend le relais. Sans rayons X, elle cartographie les segments atteints, les sténoses, les fistules ou abcès éventuels. Il faut boire un grand volume de produit avant l’examen et patienter dans un tube bruyant — inconfortable, mais indolore.

Un patient allongé entre dans l'anneau de l'IRM, avec en médaillon la carte de l'intestin grêle et un segment atteint surligné

Pas de rayons X : l’IRM cartographie l’intestin grêle, la partie que la coloscopie ne voit pas — illustration générée pour crohn-ique.fr.

Les invités occasionnels

  • Fibroscopie (endoscopie par la bouche) si on suspecte une atteinte haute ;
  • Vidéocapsule : une caméra-gélule à avaler, pour photographier le grêle de l’intérieur ;
  • Échographie intestinale : de plus en plus utilisée pour le suivi, rapide et sans préparation ;
  • Scanner, plutôt en urgence (suspicion d’abcès ou d’occlusion).

Et après le diagnostic ?

Ces examens ne disparaissent pas de votre vie : ils reviennent périodiquement pour surveiller la maladie et vérifier l’efficacité des traitements. Avec les années, une coloscopie de contrôle régulière permet aussi de dépister précocement les (rares) complications au long cours des colites anciennes. C’est contraignant ; c’est aussi ce qui permet d’ajuster le tir avant que ça ne dérape.

À retenir

Prise de sang + calprotectine pour détecter, coloscopie + biopsies pour confirmer, IRM pour cartographier. Aucun de ces examens n’est agréable, tous sont utiles — et la purge reste pire que la coloscopie elle-même.

relu le 13 septembre 2026 — fiche informative écrite par un patient, pas un avis médical ✱