Crohn·ique

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Fiche 10 examens & traitements 3 min de lecture

Poussées et rémission : vivre en dents de scie

Reconnaître une poussée qui démarre, savoir quoi faire (et ne pas faire), et profiter de la rémission sans guetter le ciel en permanence.

La maladie de Crohn vit en dents de scie : des poussées, des accalmies. Apprendre à lire son propre rythme, c’est la moitié du travail de patient.

Courbe dans le temps alternant des pics de poussée en rouge et des plaines de rémission en bleu

Des pics, des accalmies, et un tracé imprévisible : chaque malade a sa propre courbe — illustration générée pour crohn-ique.fr.

Reconnaître une poussée qui s’installe

Chacun a ses signaux d’alerte personnels. Les plus fréquents :

  • les selles qui se multiplient ou se liquéfient plusieurs jours de suite ;
  • les douleurs qui reviennent au même endroit que d’habitude ;
  • la fatigue qui retombe comme une chape, sans raison ;
  • les réveils nocturnes pour aller aux toilettes ;
  • parfois la fièvre, les aphtes, les articulations qui chauffent.

Le piège classique : espérer que « ça va passer » pendant trois semaines. Une gastro passe en trois jours ; ce qui dure, s’aggrave ou réveille la nuit mérite un appel à l’équipe médicale. Plus une poussée est traitée tôt, plus elle est courte.

Que faire concrètement

  • Contacter le gastro (beaucoup de services MICI ont une ligne ou un mail dédié — demandez-le en consultation, avant d’en avoir besoin).
  • Faire les examens simples : prise de sang et calprotectine confirment ou infirment l’inflammation. Les recommandations françaises prévoient aussi une analyse de selles à chaque suspicion de poussée (coproculture et recherche de Clostridioides difficile) — parce qu’une infection peut imiter une poussée à la perfection, et ne se traite pas du tout pareil.
  • Passer l’alimentation en mode doux : pauvre en fibres dures, cuissons simples (le livre de recettes est trié pour ça).
  • Lever le pied sans s’excuser : une poussée est une raison médicale, pas une paresse.
  • Ne PAS : doubler les doses de son propre chef, enchaîner les anti-inflammatoires type ibuprofène (déconseillés dans les MICI — paracétamol en première intention pour la douleur), ou commencer un jeûne « détox » trouvé en ligne.

Le plan de poussée : à préparer AVANT

Le meilleur moment pour savoir quoi faire en poussée, c’est quand on va bien. Posez ces questions à votre gastro en consultation de routine :

  • À quels signes dois-je vous contacter, et comment ?
  • Ai-je une conduite à tenir d’emblée (corticoïdes en réserve, dose à adapter) ?
  • Quel seuil de calprotectine est « mon » seuil d’alerte ?

Notez les réponses. Avoir tout ça écrit à l’avance évite de paniquer le jour où ça arrive.

La rémission : en profiter, pas la gaspiller

Quand ça va bien, deux erreurs symétriques guettent :

  • Tout arrêter (« je suis guéri ») : c’est la rechute assurée à moyen terme. La rémission est le produit du traitement, pas la preuve qu’il est devenu inutile.
  • Vivre en apnée en guettant la prochaine poussée : on se gâche la rémission pour rien.

L’entre-deux raisonnable : traitement poursuivi, rendez-vous et calprotectine de contrôle honorés — parce qu’une inflammation peut couver sans symptôme — et le reste du temps, une vie normale. Voyages, sport, projets : la rémission sert à ça.

Suivre sa maladie sans en faire une obsession

Un simple carnet (papier ou app comme MICI Connect de l’afa) avec trois infos — selles, douleur, fatigue, sur 10 — suffit à objectiver les tendances. C’est précieux en consultation : « ça va moyen » devient « 3 semaines à 6/10 de douleur, selles doublées ». Le médecin peut travailler avec ça.

À retenir

Une poussée traitée tôt dure moins longtemps : ayez un plan écrit avant d’en avoir besoin. Et quand la rémission est là, vivez normalement — le traitement et les contrôles s’occupent du reste.

relu le 13 septembre 2026 — fiche informative écrite par un patient, pas un avis médical ✱